SANS PITIE
tome 1 - Mistral noir

tome 2 - Coupe Franche

Emmanuel Proust Editions
Collection Trilogies

PRESSE
Dessins - Olivier THOMAS
Scénario - Pascal GENOT et Bruno PRADELLE
Couleurs - Bruno PRADELLE et Rémy LANGLOIS

"Le premier tome de "Sans Pitié" permet de voir ces marges écrasées de soleil où le crime se donne libre cours..."

Préface par Didier Daeninckx

Préface de Sans Pitié par Didier Daeninckx

 

 

 

 

Marseille, entre rave et cauchemar

 

Pendant des décennies, il n’était de bons crimes qu’à Paris. Les écrivains, les scénaristes, fouillaient les moindres recoins de la ville lumière, à la recherche des pépites noires qui ponctuaient le sillage des hors-la-loi. On comptait sur les doigts de la main gauche de Django Reinhardt les suicidaires qui contrariaient la règle commune et tentaient l’échappée au-delà du périphérique. La province, (comme s’il n’y en avait qu’une), était réduite à quelques accents, à quelques folklores. Dans le lot, Marseille remportait la palme, les personnages bonhommes de Pagnol occupant durablement les premiers plans avec la Bonne-Mère dans le lointain. Et comme un malheur ne vient jamais seul, ce fut là, près du Vieux-Port, que Dominique Piazza, un babi ainsi que l’on surnommait alors les immigrés italiens, inventa la carte postale ! Et en avant pour le cliché. Pourtant, de Casério jusqu’au massacre du Bar du Téléphone en passant par Carbone et Spirito, le sang de la rubrique des faits divers coulait à flots sur la Canebière. Il fallut attendre que René Merle et Jean-Claude Izzo se penchent pour y remplir les réservoirs de leurs stylos, bientôt suivis par une cohorte d’arpenteurs du réel. S’ils ont commencé à dire la dureté du quotidien, leur amour de la ville les a souvent conduits à l’amnistier de ses pires cruautés. Le premier tome de « Sans pitié » permet de voir ces marges écrasées de soleil où le crime se donne libre cours, et ce n’est pas un hasard, mais un signe, si la planche d’ouverture montre un tueur au repos lisant Deuil dans le coton de Jim Thompson, un des auteurs les plus désespérés de la Série Noire. Le fil d’Ariane, ici, est une ligne blanche de coke et son tracé au travers des décors improbables de friches envahies par les raveurs, aboutit immanquablement aux morgues pleines où ne reposent pas en paix les cadavres de l’histoire méditerranéenne.

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